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enjoy ◭ la société vous trompe.

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MessageSujet: enjoy ◭ la société vous trompe. 31.08.12 19:13


CHAPTER ONE, dis moi que la mort ce n'est rien, dis moi qu'on se retrouveras...

Les couloirs se ressemblaient tous, les murs étaient d'un blanc pénétrant, je les suivais d'un regard désorienté, cognant ostensiblement contre le crépi blanc, les lèvres tremblantes, le cœur palpitant d'une force telle que je le sentais battre contre ma poitrine. Je ne pouvais pas y croire alors je marchais, marchais sans jamais m'arrêter arpentant les couloirs d'une contradiction telle qu'on se retournait sur mon passage, cette fille brune à la fois si faible et si déterminée c'était moi et jamais je n'aurais pensé en arriver là. Son prénom tambourinait dans mon esprit comme une idée malsaine que l'on tente de faire disparaître, mais qui ne s'en va que lorsque cette idée a été assouvie ou dans le cas présent, quand on sait la vérité. Et cette vérité j'en avais besoin, elle m'était vitale, mais je la craignais, j'avais peur et ce fut seulement lorsque que je me retrouva face à la porte de la chambre 596 que le doute m'assaillit pour la première fois depuis ce coup de téléphone. Les secondes passèrent lentement, et sans que je ne m'en rende réellement compte, ma main se posa sur la poignée et la porte s'ouvrit dans un mouvement brusque. La chambre était vide, tout comme mon esprit vide de sens, vide de réflexion, vide de courage. Du sang trainait encore sur les couvertures du lit, roulées en boule dans un coin de la chambre. C'est tout ce dont je me souviens, le sang séché sur le blanc terne de la parure de lit et de cette odeur de désinfectant, celle qui traine dans l'air, qui vous encercle, vous transperce jusqu'aux os et qui ne vous lâche plus, celle qui vous suit à chacun de vos pas, qui les rends plus lourds, plus douloureux. On dit que la mort n'a pas d'odeur, pour moi c'est celle-ci, acide et enivrante à la fois, un senteur dont on ne se débarrasse jamais.

L'enterrement fut le moment le plus douloureux de ma vie. Rien de ce jour ne ressemblait aux films à l'eau de rose tellement triste en apparence que nous regardions tout les deux, durant des journées entières, en se goinfrant de tas de cochonneries qui font grossir. Dans ces longs métrages, les enterrements et autres tristesses étaient tous suivit d'un happy-end dans lequel l'héroïne retrouvait la personne aimé, qu'il soit amant, père ou frère. Et je savais que jamais, non jamais je n'y aurait droit, parce que je n'étais pas l'héroïne, le héros c'était lui, et il était mort, l'histoire s'achevait ici j'en étais certaine. La seule vision du cercueil au milieu de l'église me déchirait de toutes parts, de violents spasmes me secouaient et je me trouvais absolument ridicule, bien évidemment que ma tristesse prouvait mon amour, mais le garçon jovial qu'il était aurait-il vraiment apprécié que je pleure sur son triste sort ? Alors qu'il était décédé parce qu'il avait toujours été lui même, toujours revendiqué sa véritable nature, d'homme qui aime les hommes, dans cette année de 1974. Cependant, tous ses amis étaient présents, aucuns d'eux ne manquaient à l'appel, peu importe leur originalité vestimentaire, peu importe leur orientation sexuelle, peu importait tout ces clichées de la société, ils étaient ici pour rendre hommage à leur ami, et c'était la seule chose qui m'importait, j'étais admirative de leur courage.

A ma droite, se trouvait notre père, homme aisé, reconnu dans la société et comme grand chef d'entreprise, l'un des premiers cadres à avoir eu la brillante idée de délocaliser en Chine, faisant travailler des milliers d'enfants, les exploitants et les payant une misère pour la surcharge de travail qu'ils réalisaient à dix ans seulement. Cela ne nous avait jamais réellement étonné, froid et peu ouvert il n'avait pas été le père que tout enfant aurait aimé avoir, mais l'autorité grave qu'il représentait m'avais toujours mis au pas, j'obéissais à ce despot infernal, tandis que Jérémy lui s'en était rapidement émancipé, et ce fut la coupure le jour où il lui annonça qu'il était gay, pour lui ce n'était pas naturel, hommes et femmes devaient se reproduire ensemble, c'était les lois de la nature, pas de place à ces sentiments malsains, mais il n'y avait rien de malsain dans l'amour qu'éprouvait Jéremy. Et puis, qu'est-ce qu'il y-connaissait lui à l'amour, alors que maman avait mis fin à ses tristes jours, souffrant irrémédiablement de l'attention qu'il ne lui apportait pas. L'évêque commençait seulement à réciter les saint-sacrements, lorsque papa se pencha à mon oreille et y glissât quelques mots que je n'oublierai jamais et qui me firent comprendre qu'il ne ressentait rien pour personne et qu'il n'éprouverait jamais rien, à mon égard, comme à celui de maman et de Jéremy. Je compris aussi, qu'il nous avait tous détruit à sa manière, parce qu'il avait besoin de se sentir puissant, quitte à tout foutre en l'air, même le jour de l'enterrement de son propre fils. "On se croirait dans un vulgaire remix de la cage aux folles." Mon regard s'assécha et je croisais le siens, il comprit qu'aujourd'hui il devait se taire et que de mon côté plus jamais je ne me tairai, surpris il reporta son regard sur l'homme d'église, n'écoutant que d'une oreille distraite et pressée les évangiles.


Dernière édition par enjoy. le 01.09.12 13:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: enjoy ◭ la société vous trompe. 01.09.12 8:21

CHAPTER TWO, on n'est pas ivre tant qu'on peut rester allongé dans un bar sans avoir besoin de se tenir au plancher.

Je suis à présent prise par la réalité, qui m'inonde de son flot destructeur. Ils ont ravagé mon quotidien, ma vie, mon présent et mon futur, seul mon passé reste intact, je ne peut que me souvenir de l'homme, du frère et du fils qu'il avait été, généreux et angélique. J'avais toujours été sa "Poppy" mais maintenant qui suis-je, que restait-il de la Poppy qu'il avait connu, dont il s'était occupé ? Rien, je n'étais plus que cette boule de rage et de tristesse. Aucuns mots ne parvenaient à sortir de ma bouche scellé, mais je hurlait de l'intérieur, mon corps entier s'embrasait et je n'étais rien, non plus rien qu'une silhouette qui errait dans l'ombre de la nuit, croisant au fil de ma route des hommes et des femmes ivres morts, des clochards crevant dans le froid blafard de l'hiver, mais je me sentais seule au milieu de cette déchéance humaine qui me tentait, et m'attirait en ses bras destructeurs. Sans le vouloir, je le détestait, le haïssait d'être mort et égoïstement de m'avoir laissé seule, parce que sans lui il m'était impossible d'être Poppy. Alors, je n'allais plus être Poppy, je ne serais plus rien, parce que même si vous allez me traiter de cliché, je vous assure que plus rien ne me retenait ici. Jamais je n'avait osé m'aventurer dans les tristes ruelles de Londres à une heure si tardive, craintive et sensible à la misère humaine, ça avait toujours été une épreuve pour moi, mais la douleur qui me tiraillait, et me broyait l'estomac m’interdisait de penser à tout autre chose que le malheur. Cependant, plus aucunes larmes ne déferlait sur mon visage pâle, j'avais besoin de quelque chose de fort, de quelque chose de si puissant que j'en oublierait ma douleur, oui parce qu'oublier c'était tout ce que je souhaitait.

Mes docs martins claquaient doucement sous mes pas sur les pavés en pierre de l'ancien Londres complétement abandonné par les gens de bonnes familles, les rues étaient devenues infréquentables, presque sordides, mais peut importait, je m'y sentais étrangement bien, je me sentais moins seule dans mon malheurs, moins seule dans mon futur alcoolisme et surtout moins seule dans la dépression qui me rongeait dés à présent. J'entrais dans le premier pub qui s'offrait à moi, la porte en bois craqua, il était en bois d'aspect miteux, et un vieux tourne disque tournait en boucle sur Hallelujah de Jeff Buckley, et deux pauvres boucs complétement saoul étaient affalés sur le bar non loin du barman occupé à frotter ses mugs de collection. D'un pas lent et discret, je me dirigeait vers lui d'une assurance qui ne me ressemblait, emplie de rage et de tristesse. "Une vodka s'il vous plait, pure." Il eu un moment d'hésitation, plongeant ses yeux dans les miens, se retourna et quelques secondes plus tard, elle était posée face à moi et il était retourné à son passe temps. Mon index passait machinalement sur le contour du verre, puis je me décidait, une larme coula le long de ma joue, la dernière, et j'avalais le contenu de la fiole de verre, contenant le précieux nectar dont je ne pourrais bientôt plus me passer. Ma tristesse se dissipa un peu, ma rage augmenta doucement, alors que je commandais un deuxième verre.

Les heures passèrent mélancoliquement, la bouteille n'était à présent plus sous le bar, mais devant moi, il en avait eu assez que je le dérange, alors il l'avait sorti et m'avait fait payer le reste de son contenu, parce qu'il savait très bien que lorsque je partirais, il ne resterais plus rien qu'une bouteille vide. Il devait être prêt de trois heures du matin et la plus tombait drue sur Londres lorsque la porte du pub s'ouvrit, laissant place à un jeune homme trempé jusqu'au os, il s'approcha serrant la main du barman qu'il connaissait de longue date apparemment. Je ne m'en mêlait pas. Le jeune homme s'assit sur le tabouret à ma droite, me jeta un regard distrait, puis un autre sur la bouteille qu'il jaugea d'un œil rapide, plus de la moitié était entamée.
- Jeff, tu devrais ranger la bouteille, elle va finir accrochée au plancher, dit-il d'un ton convaincu par ses propres paroles. Le vieux répondit :
- Je l'aurai bien reprise, mais elle a payé et puis laisse la boire on a qu'une jeunesse va. Puis il se déconnecta une nouvelle fois de ce qui l'entourait pour se consacrer au chiffonnage de ses mugs. J'avais écouté d'une oreille distraite, sans vraiment comprendre leur parole, l'alcool qui circulait dans mon sang aidait beaucoup il fallait l'avouer. Ma vision était altérée, ça tournait légèrement et mon esprit ne pensais plus qu'à une seule et unique chose la vengeance. Alors que j'allais atteindre le point de non retour et me fracasser le crâne sur le bar pour m'ôter cette idée malsaine de la tête, le jeune homme à l'air sur de lui s'approcha de moi à pas de loup, comme s'il ne souhaitait pas sortir de sa léthargie la salle entière. Autour de moi, tout tournait, et je me sentais ridiculement mal, et bien à la fois, c'était une sensation étrange, qui me poussait une nouvelle fois à remplir mon verre, le regard rendu brillant par l'alcool.
- C'est tellement triste d'en arriver là, vous ne trouvez pas ? dit-il d'un ton doux et calme qui allait finalement si bien avec son visage de beau parleur.
Des coups de marteaux dans mon cerveau, un coup de poing dans sa gueule de petit merdeux, ça me démangeait, je me retint, je n'en aurais jamais eu la force. Je le regardais à présent, sans dire un mot, il avait raison, je le savais, mais je m'en foutais, qui était-il pour juger la personne que j'étais ce soir et que j'allais être tout au long de ma vie ? Qui était-il pour se mêler d'autre chose que de sa petite vie merdique ? Je ne répondais toujours pas, sinon je crois que j'aurai vomi, il reprit :
- Mais qu'est-ce qu'on s'en fou, je vais boire avec vous, j'ai des choses à oublier.
Le jeune homme ténébreux, attrapa la bouteille à moitié vide, s'en servit un verre et ne dit plus un mots de la nuit.


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MessageSujet: Re: enjoy ◭ la société vous trompe. 01.09.12 8:46

"j'avais fait tout ça pour rien, parce qu'aujourd'hui c'était la fin".

C’EST UNE BONNE CHOSE D’AVOIR PEUR, ÇA PROUVE AU MOINS QU’ON A ENCORE QUELQUE CHOSE À PERDRE.


"A qui tu veux faire croire que ton cœur est de pierre dis-moi ? Toi tu lâches tes mots comme des lames de rasoir tu transperces son regard comme un surin, un dard. Mais c'est déjà trop tard. T'injectes ton venin et tues tout ce qui s'approche de toi. Même la mort fuit tes pas… "

"La société vous trompe, elle fait des choses les plus futiles et interdites des objets de désir, qui vous tentent et vous plongent dans une déchéance sans fin."

Que faites vous lorsque vous apprenez que l'homme que vous aimez vous a menti ? Non pas un petit mensonge de merde pour lequel on fait la gueule quelques heures, non un putain de mensonge qui remet tout en question ? Votre amour, votre confiance, vos confidences, votre estime de vous même et la sienne par la même occassion ? Que faites vous hein ? Lorsque vous apprenez qu'il l'a toujours su ? Qu'il est votre détracteur ? Que faites vous lorsque vous comprenez que cette faute est impardonnable ? Infligez lui le péché capital. Moi j'en étais incapable.


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MessageSujet: Re: enjoy ◭ la société vous trompe. 06.10.12 22:52

CHAPTER THREE, le cœur fatigué d’angoisses qui tiraient leur origine du désordre et de la décadence générale, je succombai à la cruelle fièvre.

La perfection n'existe pas. Elle n'est que le reflet inaccessible, de ce que cette société qui crève, aurait du être. Jusque là, j'avais toujours pensé l'exact contraire et sans narcissisme aucun je croyais faire partie de cette catégorie de petite jeune femme, intello, bien trop intelligente pour être comprise et bien trop jolie pour ne pas coucher avec n'importe qui. Je me trompais, la perfection n'est autre qu'une illusion dont se bercent les gens qui ne souhaitent ressembler à personne, qui veulent se prouver qu'ils sont au dessus de la masse sensationnelle de gens nommés normaux. Et je ne pensais pas en faire partie. Mais finalement, j'adoptais le même comportement qu'eux, la petite pute qui venais de se faire un inconnu et de descendre une bouteille de vodka à trente dollars, c'était bien moi. Contraire à tout ce qu'on aurait pu penser, ça faisait un bien fou d'être normale, de chialer dans son lit, le visage enfermé dans les cousins, de haïr de tout son être chaque être humain de cette putain de planète, sentir la vie couler entre ses doigts sans pouvoir la rattraper, je me sentais enfin vivante et à la fois morte, morte de tristesse, mais bel et bien encore saoule de la veille. Magnifique antithèse entre une descente au fond de l'abime et d'une renaissance profonde. La perfection n'était entre autre qu'une suiveuse, celle qui câline, et vous encercle entre ses bras si doux en apparence, mais tellement voraces et brutaux lorsque vous vous y attardez. Ne croyez jamais être parfait, parce que vous ne l'êtes pas, la société vous trompe et vous dévore.

Pardonne moi, pardonne moi d'être faible, pardonne moi de revoir sans cesse ton image, ton visage, ton sourire et tes yeux rieurs. Et encore, pardonne moi de ne pas pouvoir être forte, de ne penser qu'aux draps tachés de sang, de ne pas t'avoir dit au revoir correctement, je n'y parvenais pas et je crois que ce ne sera jamais le cas, parce que tu seras toujours là et que j'attendrais toujours que mon téléphone sonne pour me réveiller et me prouver que tout cela n'est qu'un putain cauchemars. Je ferme alors les yeux, trés fort, trop fort, non je ne serais pas faible une nouvelle fois, mes mains se referment doucement sur les draps qui me bordent, un cris m'échappe alors, je suffoque. Mes yeux s'éveillent, et s'habituent doucement à la clarté du jour, le plafond est d'un blanc pénétrant qui m’éblouis instantanément, surprise, cet endroit m'étais totalement inconnu, je me redressais alors. A première vue c'était une chambre à la décoration moderne, sans réelle personnalité, et très peux meublée, ça ne me ressemblait pas, je n'étais pas chez moi et cette idée me fit tressaillir. Un bruit dans la pièce adjacente retentit, mon souffle s'accélérait rapidement, et de nombreuses questions me tiraillaient l'esprit, la seule chose dont j'étais sure était que je devais me barrer d'ici au plus vite. Par chance mes docs se trouvaient au pieds du lit, j'avais été portée jusqu'ici j'en étais certaines, mais par qui, et comment je n'en savais rien et pour le moment je ne préférais rien savoir du tout, seulement comme me tirer de là. Derrière moi les portes se refermèrent doucement, l'appartement était étrangement sombre et paraissait vide, mais les bruits de respiration profonde me prouvaient le contraire. J'hésitais devant la deuxième porte close, sans réellement réfléchir je l'ouvrais doucement, peut-être un peu trop fort, parce qu'elle claqua ostensiblement contre le mur. Une silhouette sur le canapé s'éveilla brusquement, je me souvenais à présent. L'homme se releva, il chercha peut-être à venir dans ma direction, mais avant qu'il ait eu le temps de commencer sa phrase j'avais disparu, et descendu quatre à quatre les escaliers menant vers l'extérieur. Je soufflais, mon cœur battait bien trop rapidement et je le sentais cogner contre ma poitrine. Quel enculé de profiteur. Alors que je me promettais de ne plus foutre les pieds dans un bar et de me descendre une bouteille de vodka, je compris que ce n'était pas la fin.
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MessageSujet: Re: enjoy ◭ la société vous trompe. 08.10.12 20:07

CHAPTER FOUR, après un petit nombre de jours de souffrance, après maints jours pleins de délire, de rêves et d’extases dont tu prenais l’expression pour celle de la douleur.

La nuit était déjà tombée, je n'avais rien vu filer, ni les heures que j'avais passé sur ce banc au fond du parc de London square, ni les dix appels manqués de l'ex petit ami de mon frère, ex, il l'était devenu sans même le vouloir, sans même y avoir cru, et il n'y croyait toujours pas, je le savais. Il avait besoin de parler de se confier, portant mon téléphone portable à mes oreilles pour écouter le message qu'il avait laissé, j'en eu la confirmation.."Salut, Kitty, c'est Josh.." pause, il sanglote bruyamment. "enfin tu le sais, je voulais savoir si t'étais libre pour un café ou autre chose quoi.." nouvelle pause, pour les mêmes raisons sordides. "J'ai vraiment besoin de parler à quelqu'un, enfin à toi, on s'entendait bien quand on se voyait..et puis t'es la seule qui comprend jcrois..". C'était fini, je l'insultais intérieurement, puis verbalement, je hurlais cordialement telle une femme trompée, pire qu'une femme trompée. Connard, connard, connard, mes poings s’écrasèrent violemment contre le banc, je hurlais toujours, plus fort encore que les secondes précédentes. Comment osait-il ? Comment pouvait-il me demander ça ? Lui aussi je le détestais, avec son visage toujours triste depuis la mort de Chris, ses yeux toujours rouges et son nez gonflé me foutaient la haine. Implicitement, je savais que l’égoïste c'était moi, que je ne pensais qu'à mon petit malheur, parce que j'étais sa sœur, parce que j'étais la plus importante. Josh, je ne comptais ni le rappeler, ni l'écouter chialer et empiler des vingtaine de mouchoirs sur la table d'un café tout en lui tenant la main. Les gens tristes étaient pathétique, et les heureux mielleux, rien ne me convenais, rien ne m'avais jamais convenu, l'histoire de l'éternelle insatisfaite m'appartenais. Je ressentais l'envie de tous les faire chier, de les faire crever de haine, comme je mourrais aujourd'hui, en brulant lentement. Tous les gestes du quotidien, les endroits, les restaurants, les objets me rappelaient qu'il avait été là, je le sentais encore vivant, dans tout mon être, comme dans ma réalité. Je tirais doucement une clope sortie dans un paquet neuf achetée sur la route, et l'allumais d'un geste vif. Je fermais doucement les yeux, me laissant bercer par la chaleur de la fumée passant de ma gorge jusqu'aux poumons. Lente et douloureuse.

Ce n'est que vers vingt-deux heures que je me décidais enfin à me lever de mon siège d'infortune qui m'avait appartenu l'espace de quelques heures. Je ne voulais pas rentrer chez moi non, retrouver l'appartement toujours vide de papa m'étais une pensée insupportable désormais. Papa n'avait jamais été là le soir, il n'avait jamais été là finalement, si, seulement pour ces interminables repas du dimanche à trois, tradition qu'il s’efforçait de tenir pour je ne sais quelle raison, par narcissisme peut-être, oui il aimait nous montrer à quel point il avait réussi, et qu'il réussissait toujours, que jamais nous n'aurions été à sa hauteur. Désormais, c'est moi qu'il allait fixer dans le blanc des yeux, moi qu'il dévisagerait, sans comprendre, sans se rendre compte du mal qu'il se faisait en perpétuant ces repas que nous avions commencé à quatre, il y-a de cela des années. Maman avait quitté la table, maintenant c'était Chris, et nous n'étions finalement plus que deux. A quoi cela servirait-il de laisser le chandelier allumé ? Sauf à nous bruler la peau, déjà emplie de douleurs invisibles, mais pas insensibles.
Parcourant le parc de tout son large pour atteindre les grilles de sorties, je jetais des regards discret sur les parties latérales de mon champ de vision, non je n'avais pas peur, je n'avais plus peur des petits violeurs à la sauvette, ou des skateurs voleurs de sac à mamie. Je m'en foutais, la seule chose que je voulais voir apparaitre c'était Chris ou un garçon qui lui ressemblerait en tout cas, on fumait toujours une clope ici, et lorsqu'il était en retard il me rattrapait sur le chemin, courant dans son pantalon de petit bourge effarouché. Ce putain de frère était une antithèse parfaite, il détestait notre père et tous les enseignements qu'il tentait de nous inculquer, mais il s'habillait comme un vrai petit bourge pédé et j'en riais, à ce moment même, ma bouche c'était ouverte après des jours de silence profond et je riais à m'en éclater les poumons, et je pleurais aussi, parce que je savais que cette routine était brisée. Vivre sans tout ces gestes du quotidiens qui le rende meilleur. Vivre et trouver un autre quotidien.


Dernière édition par enjoy. le 22.10.12 20:25, édité 11 fois
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MessageSujet: Re: enjoy ◭ la société vous trompe. 08.10.12 20:07

CHAPTER FIVE, le silence s'installa, bavard, plein. Dans ce silence, gisait l'acceptation du destin, l'idée qu'on déguste la vie tout autant qu'on l'endure. On prend sa part, on profite, on jouit puis on meurt. La bête le sait. Seul l'homme l'oublie.

Il se passa quelques jours d'érence totale, complétement désorientée par le côté animal de cette ville qui vous bouffe je ne retrouvais plus le chemin de la raison, le chemin de ma maison, et surtout celui de mon identité. Je ne savais plus qui j'étais, ni même ce que je foutais là, ce qui me retenais, le froid me brulais l'échine et pourtant je continuais d'avancer, comme une force puissante qui me poussait à marcher toujours tout droit, qui me poussais à vivre, alors que je ne souhaitais rien de tout cela. M'arrêter, crever de froid dans cette ruelle de merde qui puait la pisse encore chaude, m'aurais très bien convenu. J'étais faible, je le savais, et ces monologues incessants qui se répétaient dans mon cerveau gorgé d'alcool me saoulaient au plus au point. Doucement je commençais à réaliser, doucement que la vie serait plus dure, doucement que rien ne me ramènerais à lui, je ne savais pas encore qu'il était finalement très simple de le retrouver. Ou peut-être n'avais-je pas le courage de pousser ma destiné vers le trou, noir comme la mort, brulant comme l'amour, comme l'enfer. Le froid guidait mes pas, inconsciemment je recherchais un endroit où je me sentirais bien, un endroit qui m'apporterais une plénitude totale, mais Baudelaire ne l'avait jamais atteinte, alors je n'avais aucune chance. J'entrais dans le pub qui m'avait donné pour la première fois l'ivresse totale, comme au premier jour, je m'installais au bar sur le tabouret en bois miteux rongé par les termites. Le patron était toujours là, rien avait bougé, il continuait à astiquer énergiquement tasses et mug de toutes formes. Après quelques minutes, il s'approcha de moi, je commandais la même chose que partout, gin tonic, rien de très original. Mon corps, commençait lentement à s'habituer, ma gorge ne brulait presque plus après avoir avalé mon verre cul sec, mon foie ne se plaignait plus d'une douleur brulante, mon cerveau ne déraillait plus directement, il me faudrait encore quelques verres pour atteindre l'ivresse dont j'avais besoin, ou plutôt dont je croyais avoir besoin. Une fois le sixième ou cinquième avalé, je ne sais plus très bien, je titubais doucement vers la sortie. Dehors, je m'adossais brusquement à la devanture de mon lieu de prédilection. Allumais alors un buzz (pétard, joint, shit pour les non fumeurs). La tête en arrière, la drogue montait doucement dans mon sang et jugulais jusqu'à mon cerveau. Mes jambes se faisaient lourdes, je perdais toute force musculaire, et une corde de feu me brulait le cou. Un homme, le visage plongé dans les ténèbres, s'accouda près de moi, j'aurais pu crever de trouille ou me barrer en courant en lui collant au préalable mon pieds dans la couilles, mais je n'en fit rien. Je le connaissais, il le savait. Cependant, mes yeux se fermaient et je ne ressentais pas la volonté de les ouvrir entièrement. Il se pencha sur mon visage, me scruta doucement à la lueur de son portable. Il poussa un soufflement. Et dans un murmure commença :
"Rentrez, vous allez prendre froid.." Je le regardais alors, les yeux mis clos, la chaleur montant dans tout mon être. "Qu'est-ce que ça peut vous foutre ?" Il réprima un sourire, j'entendit le bruit de ses dents se dévoiler à moi, dommage pour lui je ne les voyait pas et son sourire charmeur il pouvait se le mettre où il le souhaitait, mais pas ici devant moi.


Dernière édition par enjoy. le 25.01.13 21:20, édité 12 fois
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MessageSujet: Re: enjoy ◭ la société vous trompe. 08.10.12 20:08

CHAPTER SIX, le cœur fatigué d’angoisses qui tiraient leur origine du désordre et de la décadence générale, je succombai à la cruelle fièvre.

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MessageSujet: Re: enjoy ◭ la société vous trompe. 11.10.12 19:52

    LISTE DES CHAPITRES.

    Chapitre 1 - fait.
    Chapitre 2 - fait.
    Chapitre 3 - fait.
    Chapitre 4 - clope dans le parc, appel de l'ex,..
    Chapitre je sais pas combien - drogue dans les toilettes, chapitre du manque.
    Chapitre je sais pas combien - premier rendez-vous, psychiatre.

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