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Bercée par le tic tac des aiguilles, j'ai ralenti l'allure.

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MessageSujet: Bercée par le tic tac des aiguilles, j'ai ralenti l'allure. 15.01.13 23:00




Alinoé

pseudo, prénom ▽ Alinoé, Adélaïde
age ▽ Bientôt 21
localisation ▽ Basse-Normandie et Nord
groupe désiré ▽ écrivain passionné

tes écrits.

L’enfant avait fourré ses doigts dans sa bouche. Ses joues ruisselaient de ses larmes qu’il n’arrivait pas à tarir. Ses yeux étaient rougis par les pleurs qu’il ne pouvait taire. Dans sa gorge s’était formée une grosse boule qui l’empêchait de respirer correctement. Son nez coulait et il ne s’en souciait guère. Il se sentait seul, perdu parmi cette valse cruelle de pantalons et de tailleurs. Il tournait sur lui-même, à la recherche d’un visage familier, à la recherche d’une personne qui se soucierait de lui. Personne ne lui prêtait attention. Ce n’était qu’une peinture terne du monde dans lequel il était né. Et dès qu’il faisait un pas sur ses frêles jambes, il trébuchait sur les pavés. Les gens ne se préoccupaient pas de lui. Ils le bousculaient, l’opprimaient, le pressaient de toutes parts, l’étouffaient. L’enfant se sentait cruellement déboussolé. Il fit un pas, s’écrasa mollement sur le pavé humide. Là-haut, dans le ciel, un orage grondait.

Le couloir sentait le renfermé, mêlé à la fumée froide de nombreuses cigarettes qui furent consumées ici et là. Les appliques murales diffusaient une lumière terne, souvent trop jaune. Les murs, à la tapisserie ocre et déchirée par endroit, semblaient se renfermer sur le petit être, assis sur la moquette rouge et tachetée, renfermé sur lui-même. L’enfant avait entouré ses jambes de ses deux maigres bras. Dans chacune de ses mains se trouvait un petit soldat de plomb. Ses yeux bleus se perdaient dans un trou dans la moquette, un peu plus loin devant elle. Ses cheveux blond étaient ternes et pendaient mollement de part et d’autre de sa tête. Dans son petit crâne, des idées, trop mûres pour un si petit humain, se bousculaient avec un fracas assourdissant. Des éclats de voix se firent entendre de l’autre côté d’une porte, suivi d’un bruit de verre brisée. Une femme hurla, un homme cria. L’enfant restait insensible à cela. La porte s’ouvrit et une femme brune, sortait de l’appartement, le visage rouge de colère, tout en réajustant son gilet. Alors, l’enfant leva les yeux vers cette dame. Un regard inexpressif, qui traduisait peut-être sa lassitude constante.
    Viens, Alexis. Nous n’avons plus rien à faire ici.
L’enfant se leva avec difficulté. La femme lui empoigna la main et l’entraina avec force vers les escaliers, situés à l’autre bout du couloir. Un soldat de plomb chuta sur la moquette. L’enfant marqua un arrêt et semblait vivre enfin, comme si son existence était reliée à ce jouet. Lorsque ses yeux se levèrent, ils se posèrent sur un homme, avide d’insanités. L’enfant ressentit une soudaine bouffée de peur. Il préféra laisser son soldat de plomb sur la moquette rouge et partir au plus vite, avec sa mère qui lui tirait le bras. Un soldat, face contre terre. Baignant dans une lueur jaunâtre et faiblarde, comme un coucher de soleil sur un bain de sang.

L’enfant était assis à la table en bois mal équarri, un crayon de couleur dans une main, l’autre étant posée sur une feuille, quelque peu jaunie par le temps. Il traça un trait dessus, puis un autre. Après cinq minutes d’une intense séance de traçage de traits, il entendit un cri dans une chambre annexe à la cuisine. Il leva la tête de son chef d’œuvre et dirigea son regard vers le couloir. Une lueur de lassitude se fit sentir, lueur qui se taisait sous le joug d’un sentiment autrement plus fort. Un autre cri et un grincement sinistre. L’enfant haussa des épaules et retourna à sa feuille. Les cris se transformèrent et devinrent bientôt des hurlements. Anormaux. Perçants. Trop bruyants. Ils interpellèrent l’enfant, qui se levait doucement. Dans sa poitrine, son petit cœur battait à toute vitesse. A petits pas silencieux, il s’avança vers cette pièce, où sa mère s’adonnait à des plaisirs charnels avec un homme, différent du précédent. L’enfant entendit les grincements du lit, les cris de désespoir de sa mère, au travers de la porte. Sa main se posa sur la poignée et l’abaissa naturellement. Sur le seuil de la porte, le petit être se figea. L’homme, à cheval sur sa mère, avait les mains autour de son cou et serrait ses doigts. La femme, dont le visage bleuissait, fixait l’enfant de ses yeux, suppliant de la délivrer. L’enfant ne fit rien. Elle se contenta de regarder la scène, comme s’il s’agissait d’un spectacle. Sauf que le rideau s’était abaissé sur sa mère et que plus jamais il ne se lèverait pour elle. L’homme, au sourire carnassier, se tourna vers l’enfant qui comprit aussitôt qu’il avait à faire à l’homme du couloir où, quelques années plus tôt, était tombé son soldat de plomb. Ses yeux s’agrandirent de terreur et le petit être s’enfuit à toutes jambes lorsque l’homme se leva et amorça une marche lente et mortelle vers lui.
L’enfant avait fui le tumulte new-yorkais. Il s’était rapidement trouvé dans une ville qui lui était méconnue. Il avait manqué de se faire écraser de nombreuses fois par les quelques voitures qui passaient par là. Les gens le regardaient mais ne se souciaient guère de cet enfant blond aux yeux bleus. L’enfant aurait bien voulu parler mais les mots n’arrivaient pas à franchir la barrière de ses dents. Les yeux rivés au sol, il avança, aussi vite que sa fatigue le lui permettait. Bientôt, il ne tarda pas à découvrir un couvent, caché aux yeux de tous, dans la quiétude d’une banlieue rurale.
Agrippant le portail en fer forgé de ses deux petites mains, l’enfant attendait qu’on vienne lui ouvrir. Personne ne savait que quelqu’un attendait au bout de ce long sentier qui menait au bâtiment principal, masqué par des buissons épais et bien fournis. La cloche pour signaler sa présence était bien trop haute pour que l’enfant la fasse sonner ; même en se hissant sur la pointe des pieds, elle ne parvenait pas à l’atteindre. Aucune âme vivante ne passait par-là, même en temps normal. Personne. Il se retrouvait une fois de plus seul au monde. Il se laissa choir sur le sol durci par le froid et se tassa sur lui-même, comme dans le couloir des années auparavant. Alors, il attendit, de longues heures, qu’on vienne l’aider. Mais lorsque la dernière parcelle d’espoir l’eut quitté, ses paupières se fermèrent.

Début d'une histoire pour un personnage sur un forum. J'aime faire des histoires longues O_O

pour finir.

comment as-tu fait pour atterrir ici ? ▽ En voyant une demande de partenariat sur un autre fo'
pourquoi t'es-tu inscrit(e) sur le forum & qu'en pense-tu ? ▽ Il y a longtemps, je m'étais inscrite sur un forum de lecture/écriture qui ne m'avait guère plu. J'ai donc délaissé ledit forum en question. Maintenant, je suis prête à retenter l'aventure avec votre forum car il me paraît sympathique, frais et les gens toujours dispo.
décris nous ton rapport, & ce que tu pense, de l'écriture ▽ Le jour où on ne me verra pas écrire, il tombera de la merde. Au sens propre bien sûr. Ca signifie donc que j'entretiens un grand rapport avec l'écriture, que j'écris toujours. Je pense que l'écriture est un bon moyen de laisser s'exprimer nos sentiments, nos regrets, nos souhaits, de mettre un peu de nous dans chacun des écrits que l'on invente.
ton auteur favori ▽ Awh, en choisir un serait cruel. Je ne peux m'y résoudre. Je mets donc mes trois favoris : Stefan Zweig, Cecelia Ahern & JRR Tolkien.
le dernier livre que tu as lu ▽ Relecture du Harry Potter 1


Dernière édition par Alinoé le 18.01.13 13:42, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Bercée par le tic tac des aiguilles, j'ai ralenti l'allure. 16.01.13 8:53

Bienvenue à toi,
Harry Potter Smile

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MessageSujet: Re: Bercée par le tic tac des aiguilles, j'ai ralenti l'allure. 16.01.13 10:35

Bienvenue sur le forum =)
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MessageSujet: Re: Bercée par le tic tac des aiguilles, j'ai ralenti l'allure. 16.01.13 11:41

Welcome. I love you
Oh, Harry Potter 1, un des meilleurs selon moi.
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MessageSujet: Re: Bercée par le tic tac des aiguilles, j'ai ralenti l'allure. 16.01.13 12:11

Bienvenue parmi nous. I love you
Harry Potter c'est la vie. (dit la fille qui les a lu mille fois et qui est en train d'installer le jeu HP7 part 1 ).

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« - Vous jouez avec votre vie ! - Et alors ? Il faut bien jouer avec quelque chose ! »
marion cotillard as edith piaf in la mome.


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MessageSujet: Re: Bercée par le tic tac des aiguilles, j'ai ralenti l'allure. 18.01.13 13:41

Ca fait tellement de bien de se replonger dans la saga qui a grandi en même temps que toi *_*

Merci à vous tous Smile

Sinon, j'ai terminé ma fiche Smile
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MessageSujet: Re: Bercée par le tic tac des aiguilles, j'ai ralenti l'allure. 18.01.13 18:15

C'est parfait, je te valide. I love you n'hésite pas à aller faire un tour du côté du concours du mois !

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marion cotillard as edith piaf in la mome.


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MessageSujet: Re: Bercée par le tic tac des aiguilles, j'ai ralenti l'allure.

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