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« On peut être un grand artiste et un sale con ; on peut faire des choses très belles en étant soi-même assez moche. »

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▽ crédit. : Doomsday.
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Date d'inscription : 05/06/2012

MessageSujet: « On peut être un grand artiste et un sale con ; on peut faire des choses très belles en étant soi-même assez moche. » 05.06.12 11:56




lazlo.
pseudo, prénom ▽ lazlo.
age ▽ vingt-trois ans.
localisation ▽ pas très loin du mépris.
groupe désiré ▽ écrivains passionnés (abusif).
tes écrits.
« Encore... » Un soupir exaspéré à la commissure de ses lèvres, Julien, modeste architecte au célibat tranquille, ajusta le volume de sa télévision. Bientôt, et pour son plus grand soulagement, le téléfilm étouffa les vociférations de ses voisins qui, à l'étage du dessus, jouaient encore le grand drame de leurs disputes passionnées. S'il était habitué, il se lassait aussi. Et s'il avait un jour voulu d'un semblant d'Amour dans sa vie, ces deux-là l'en avaient savamment dissuadé.

Rompu par l'angoisse, et malgré sa colère, Dorian n'osa pas la retenir. Il craignait bien trop de la briser. Elle lui semblait déjà d'une constitution si fragile, cristalline. Il n'aurait pas supporté de lui faire le moindre mal. Ni maintenant, ni jamais. Et bien qu'il aurait préféré la prendre dans ses bras, cela non plus, il ne le pouvait pas. Jamais. « Louise, s'il te plait, l'implora-t-il plutôt. » Mais la jeune femme ne l'écoutait plus, s'obstinant à scruter la rue, là, en contre-bas, au travers du carreau qui tenait moins de la fenêtre que de la meurtrière. A la lumière blafarde de cette échappée, et plus encore dans la pénombre de leur petit studio, Dorian se fendit encore du gouffre qui s'était creusé en lui il y a quelques mois, pour ne plus le quitter.
La peau seyait les os, sans distinguer la chair. Ceinturée par une robe aux allures de haillons, les côtes et les hanches décrivaient des courbes acérées, hurlaient leur existence. Les étoffes dévoraient péniblement les cuisses, et les vallées creusées depuis la nuque venaient s'anéantir dans l'implacable dessin d'une colonne vertébrale à la peau si tendue qu'une créature difforme semblait vouloir s'en échapper. Et dans leur terrible infini, les jambes décharnées ne trouvaient de repos que sur de maigres pieds, souffrant, semblait-il, un fardeau bien trop lourd à porter. Aussi le squelette de ce terrible animal terrifiait-il son bel amant ; un homme qui, très certainement, n'aurait trouvé un spectacle si blessant qu'à l'ombre, soixante-dix ans plus tôt, d'usines humaines aux immenses cheminées, aux sordides cheminées.

D'un soupir, il dompta enfin son ardeur. « J'ai peur pour toi, confessa-t-il à demi-mots. Je n'agis pas pour te blesser... » Mais elle demeurait sourde à ses appels. « Louise, insista-t-il d'une nuance impatiente. S'il te plait. » Passant ses mains fragiles sur ses épaules sillonnées de carences, la jeune femme parut calmer un sursaut, un élan que Dorian n'abandonna pas à son triste sort d'acte manqué. « Avant, tu n'étais pas ainsi, raconta-t-il. Tu dévalais les escaliers, tu sautais même les dernières marches... maintenant, c'est à peine si tu peux porter une fourchette à tes lèvres sans trembler (elle étouffa un grognement) quand tu manges seulement. » Comme elle se tourna vers lui, Dorian eut loisir à constater l'éclair de fureur dans le regard de sa belle. Elle ne le haïssait pas, lui, mais tout le discours qu'il tenait. « Avant, je n'étais personne. » Les sourcils froncés, Dorian riposta : « Tu étais la fille dont je suis tombé amoureux. » Blessée, elle parut ravaler une remarque au goût de sang ; il le savait, elle ne supportait pas plus de l'entendre parler d'elle au passé qu'elle ne voulait l'entendre au présent. Pour autant, elle ne supportait rien non plus.
« Alors tu ne m'aimes plus ? » La réponse ne tarda guère. « Je n'aime pas cette femme qui va agoniser sur des podiums pour un peu de gloire, non. » Elle n'en resta pas là. « Alors tu ne m'aimes plus ? répéta-t-elle. » Piqué, Dorian soupira. « Louise... » Finalement, elle acheva de se tourner vers lui, et la lumière du jour vint déposer sur ses épaules une sombre aura de désespoir colérique, de justice vindicative. « Tu ne m'aimes plus, Dorian ? » Il ne répondit rien. Il préféra ne rien répondre.

Dorian se souvenait très clairement de leur rencontre. Dans le métro. Un mardi soir. « C'était un mardi soir, conta-t-il à voix haute. Il avait plu toute la journée. Je finissais un boulot de merde près du quai, quand je t'ai entendue. Tu étais en train de rompre avec lui, à la descente d'une rame. Un grand blond. J'n'ai jamais su comme il s'appelait, et il n'avait pas l'air de comprendre qu'tu voulais qu'il dégage. Tout du long, tu m'as laissé le sentiment que ça ne te faisait rien mais, dès qu'il t'a laissée seule sur ce quai, t'étais complètement perdue. » Il y eut un silence. « Je t'ai tout de suite aimée. » Le regard de la jeune femme accepta de s'ancrer plus profondément dans le sien, mais la lueur de ses sombres iris trahissait son corps lacéré par les mots du souvenir. « Je t'ai tout de suite aimée, répéta-t-il alors. Pour ta façon de vivre la solitude au milieu d'une foule. Pour cette frange qui te bouffait le front. Pour cette jupe qui te rendait vulgaire. Et pour ce regard qui méprisait tout de même le monde entier. Je t'ai tout de suite aimée dans ta souffrance et dans ton égoïsme, Louise. Je t'ai toujours aimée. » Dans son désarroi romantique, Dorian finit de lui tendre la main. La jeune femme, souffrante créature, ne cessait jamais de le scruter sans agir, et si au bord de ses yeux se déversaient quelques torrents iodés, tous apprêtés à achever son amoureux, elle refusa. Louise refusa. « Étienne. » Ravalant l'intention, Dorian fût tristement incapable de comprendre. « Il s'appelait Étienne, reprit-elle devant son silence, le type qui n'avait pas l'air de comprendre que j'voulais qu'il dégage. » Un fin rictus se dessina sur les lèvres de la jeune femme, pareil à ces moqueries acides qui résonnent longtemps dans un cœur amoureux. Et ce fût le cas. Dramatique et sordide. S'arrachant à la violence de ces secondes et constatant les éclats de douleur sous sa peau, Dorian ramassa sa veste, et s'éclipsa au dehors.

Il s'engouffra dans la nuit, cette mer noire où noyer sa terreur d'avoir un jour aimé un être si froid, si terne, à l'âme en cendres. Dorénavant, il le savait, il ne l'aimait que par habitude. Il n'aimait plus qu'un souvenir. Rien qu'un souvenir.

- POUR GLORY BOX.
pour finir.
comment as-tu fait pour atterrir ici ? ▽ bazzart.
pourquoi t'es-tu inscrit(e) sur le forum & qu'en pense-tu ? ▽ franchement, j'en sais rien.
decris nous ton rapport, & ce que tu pense, de l'écriture ▽ j'ai vraiment pas envie de faire de la masturbation intellectuelle tout de suite.
ton auteur favori ▽ moi, c'est dit.
le dernier livre que tu as lu ▽ mangez-le si vous voulez, jean teulé. C'était joyeusement sordide.
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Date d'inscription : 30/11/2011

MessageSujet: Re: « On peut être un grand artiste et un sale con ; on peut faire des choses très belles en étant soi-même assez moche. » 05.06.12 11:59

Bienvenue ici Lazlo. I love you si tu as la moindre question n'hésite pas.
Tout est en ordre, je te valide dès maintenant. I love you n'oublie pas que toutes les parties du forum te sont désormais ouvertes et que par conséquent, il ne faut pas te priver d'y poster.

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« - Vous jouez avec votre vie ! - Et alors ? Il faut bien jouer avec quelque chose ! »
marion cotillard as edith piaf in la mome.


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MessageSujet: Re: « On peut être un grand artiste et un sale con ; on peut faire des choses très belles en étant soi-même assez moche. » 05.06.12 13:18

Bienvenue sur le forum lazlo, j'aime beaucoup ton pseudo.
J'espère que tu te plairas parmi nous =)
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MessageSujet: Re: « On peut être un grand artiste et un sale con ; on peut faire des choses très belles en étant soi-même assez moche. »

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« On peut être un grand artiste et un sale con ; on peut faire des choses très belles en étant soi-même assez moche. »

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